Vivre dehors
- lilychkaya
- 2 août 2021
- 2 min de lecture
« Certains hommes espéraient entrer dans l’histoire, nous étions quelques uns à préférer disparaitre dans la géographie »
S.Tesson
Écosse, aout 2021..quelques part très au nord…loin dans les Hébrides
Pianocéan est une chance, une chance fabriquée de toute pièce, car il n’y a pas d’autre chance possible dans ce monde, rien d’autre que ce que l’on crée à la force de ses rêves et de son courage.
Ce voyage dans les lointaines iles écossaises, les Hébrides, fut une véritable cadeau et j’aimerai vous raconter ce que nous avons vécu de plus beau au final, car tout d’abord, le plus fort, c’est que nous avons vécu dehors….
Parce que vivre dehors, c’est apprendre à reconnaître peu à peu l’odeur du vent lorsqu'il porte la terre en suspension, lorsqu’il y distille le sel, le miel, le froid du soir ou l’humidité de l’aube. Vivre dehors c’est voir le dégradé infini des nuages quand ils s’affaissent sur l’horizon ou bien qu’ils s’évaporent en distillant la lumière éclatée et brûlante ; c’est apprendre à voir le soleil de mille façons différentes et toujours, encore, différemment et c’est comprendre dans la pluie qui recouvre la terre, un geste tendre et généreux.
Vivre dehors c’est là chez nous, c’est là notre véritable maison,
C’est là, dans l’air pur des jours infinis, les pieds nus recouverts du vert de l’herbe fraiche, infiniment verte, c’est là, les pieds pataugeant dans l’eau froide du soir, gorgée du soleil c’est là , en regardant les sommets qui toujours nous contemplent sans pour autant, jamais, nous regarder de hauts,
C’est à cet endroit que je suis chez moi,
C’est là, très chers vous toutes et tous que nous appartenons véritablement à la vie, lorsque nous buvons à grande gorgée de lumière, le soleil infusé de rayons.
Parce que Vivre dehors dans le bruit du monde c’est se sentir comme cousue à la géographie, c’est avoir la géographie tatouée sur la peau et qui change les saisons et qui changent les couleurs.
Vivre dehors c’est faire de la géographie notre seule maison, là où nous sommes tous chez nous.
Merveilleux périple entre ces rochers de bout du monde, ces communautés accrochées par le coeur à leurs bouts de cailloux, entourées par l' immensité, offertes au vent, au froid venu du nord… et pourtant, amoureuses de leurs lumières, de leur bruyère, de leurs forêts et de leurs papillons. De leur silence aussi, surtout.
Parce que les voitures c'est du bruit mais une tempête, une tempête ça restera toujours de la musique...le grand fracas du monde.
Et se sentir dans ce dehors tout petit et pourtant, partie intégrante de l'immensité.
Parce qu’après tout un grain de sable c est déjà un bout du désert. Une simple graine c’est l'arbre tout entier et c‘est déjà la forêt.

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