De chair et de chant

Avant que l'été ne commence il est temps de traverser des plages désertes, avec leurs dunes de patience
Puis il est temps de se baigner dans les lacs les plus voluptueux.
Avant que l'été ne s'enfuit il est temps de reprendre la route, impatiente,
Abandonner aux dunes et à la chaleur harassante, la promesse d'un retour que le ciel irlandais, jamais ne connait.
Puis il est temps de dire "on verra bien", feignant l'espoir,
À cet oiseau aux yeux si bleus que d'infinies insomnies auront rendu presque noirs.
Avant que l'été ne commence il est temps de plonger dans l'odeur des tilleuls chaque soir,
Puis de se réveiller avec une chanson nouvelle chaque matin
Avant que l'été ne s'enfuit il est temps d'offrir à Morphée un bouquet de fleurs sauvages
S'étendre à ses côtés d'un sommeil qui ne connait pas d'âge.
Puis il est temps de dire à la chair et au chant :
"Je reviendrais quand nous serons tous deux, reposées".
Avant que l'été ne commence il est temps de laisser le vent envelopper nos désirs, agiter vos robes légères.
Puis il est temps de sortir du silence et de se raconter nos histoires,
Portant nos plus beaux habits et nos plus justes mots.
Avant que l'été ne s'enfuit il est temps de se dénuder sur des plages de brumes,
Ôter un à un ces beaux costumes de plumes.
Puis il est temps d'enlever à nos plus justes mots -
L’épaisseur dont seule la nuit, toujours, s'habille.
Poème écrit à quatre mains Anne-lise Le Pellec / Konstantin Todorov
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